La bibliothèque

Elle devrait intéresser les curieux, les bibliophiles, les chercheurs pour certains secteurs et bien sûr elle nous aide à mieux connaître son propriétaire qui, tout au long de sa vie, n’a cessé de l’enrichir.

Quelques chiffres tout d’abord :

- 210 ouvrages du XVI ème siècle
- 114 ouvrages du XVII ème siècle
- 323 ouvrages du XVIII ème siècle
- 825 ouvrages du XIX ème siècle
- 2800 ouvrages du XX ème siècle soit un total de 4300 ouvrages environ. Quelques titres restent en effet à inventorier.

Un des points forts de cette bibliothèque est évidemment la collection du XVI ème siècle. On ne s’en étonnera pas. C’est la période préférée de Louis Jou quant à la qualité de l’édition, de la mise en page. C’est une source d’inspiration constante pour ses gravures sur bois, comme pour l’ornementation de ses livres. On y trouve par exemple, de nombreux ouvrages d’architecture. Une édition espagnole de 1582 des 10 livres de Vitruve .

« Della architettura » di Giovanni Antonio Rusconi édité à Venise en 1590.
« Discours sur plusieurs points de l’architecture de guerre » par Aurelio di Passino, Anvers, 1579.
On notera aussi la première édition latine de la célèbre cosmographie de Sebastian Münster, Bâle, 1550.

Deux éditions de l’ouvrage de Pierandrea Mattioli (1500-1577) : « Illustrations de commentaires de M. Pierre André Matthiole, médecin Senois, sur les six livres de Dioscoride… de la matière médicinale », l’une éditée en français à Lyon chez Guillaume Rouillé en 1572 l’autre en latin à Venise, en 1554.
Rappelons qu’à l’époque les textes circulaient à travers toute l’Europe, et qu’on trouve ainsi un même texte imprimé en plusieurs endroits en fonction de sa célébrité.
Un dernier exemple parmi tant d’autres : Brant, Sebastian (1457-1521) Navis stultifere collectanea… Paris, Marnef, 1507. Il s’agit de « La nef des fous » qui fut un best-seller européen jusqu’au milieu du XVII ème siècle (première édition à Bâle en 1474) traçant le portrait de l’humanité grâce à des figures emblématiques et qui toutes se dirigent vers le naufrage.
Une énigme pour finir cette mise en appétit : Jacques de Voragine « legendario vulgare… la vita de tutti vi sancti", Venise, Francesco Bindoni, 1551. Apparemment, cette édition n’est répertoriée dans aucun catalogue, il en existe une autre chez le même éditeur mais datée de 1548.

Dans un tout autre domaine Louis Jou s’est passionné pour les récits de voyages, expéditions, histoires de flibuste, explorations du monde. Sa bibliothèque comporte un nombre impressionnant de tels ouvrages et pour commencer, toutes les grandes expéditions du XVIII ème siècle sont répertoriées : Georges Anson, Louis Antoine de Bougainville, James Cook, René Du Guay-Trouin, Jean Baptiste Labat, Jean Baptiste Tavernier… dans des éditions de l’époque. On retrouvera pour le XIX ème siècle les voyages d’explorations en Afrique et de grandes compilations comme les 46 volumes de la bibliothèque universelle des voyages éditée à Paris entre 1833 et 1836.

La bibliothèque du XX ème siècle, la plus importante, est plus difficile à analyser, car plus éclectique. Une piste intéressante à suivre, serait celle des livres dédicacés à Louis Jou, car ils permettent d’apercevoir ses amis ; qu’il s’agisse de très nombreux auteurs catalans, de l’indéfectible ami André Suarès, de Jean de Vallières ou de Marie Mauron pour ne citer que ces quelques noms.

L’édition des années vingt à trente est très bien représentée avec les beaux livres de G.Cres, de Mornay, de Marcelle Lesage ou de la Renaissance du Livre

N’oublions pas, l’amour de Louis Jou pour la poésie, en particulier, pour Francis Jammes, Emile Verhaeren ou Gabriele d’Annunzio, les mieux représentés.

Il faudrait aussi parler de sa bibliothèque professionnelle qui compte plus de 200 ouvrages et revues. Il s’agit d’ouvrages techniques et historiques sur l’imprimerie, le livre, la typographie, les techniques de gravure et plus particulièrement les bois gravés, les vignettes ainsi que de nombreux catalogues de ventes souvent de bibliothèques privées.

On sait que Louis Jou était un fin gourmet, on fera donc la cuisine avec Brillat-Savarin, Jules Gouffé, Grimod de la Reynière, André Viard et on expérimentera les restaurants parisiens grâce à « La table à Paris », 1845.

Quant à la musique, il possédait plus de 100 partitions dont la plupart pour l’orgue ou l’harmonium. Sans doute s’en servait-il quand il jouait à l’église des Baux.

Mais l’enrichissement de sa bibliothèque s’arrête après son départ de Paris et son installation définitive aux Baux. Peu de choses après les années trente, à l’exclusion sans doute de sa bibliothèque provençale où l’on trouve de nombreux guides anciens, des journaux en occitan, la revue « Arts et livres » éditée à Marseille à laquelle il participa, les ouvrages de Léo Larguier ou de Matthieu Varille.

Ceci n’est qu’un faible aperçu des richesses de cette bibliothèque. Elle sera bientôt consultable dans son intégralité sur le site